21 novembre - Fête de l'entrée de la Mère de Dieu au Temple

 

Fête de l'entrée de la Mère de Dieu au Temple (et fin de l'octave)

 

Évangile selon Saint Luc (10,38-42 et 11,27-28) (texte du Spoutnik)

 

En ce temps-là, Jésus entra dans un village, et une femme du nom de Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui de m'aider ! Mais le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses ; une seule pourtant est nécessaire. C'est Marie qui a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée.

 

Or, comme il parlait ainsi, une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les mamelles qui t'ont allaité ! Mais il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent !

Homélie sur "l'entrée de Marie au Temple " (24 novembre 2019) - L'octave de la Fête de l'entrée de la Mère de Dieu au Temple.

Homélie sur "Marthe et Marie " (26 novembre 2017) - Fête de l'entrée de la Mère de Dieu au Temple.

Homélie sur l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu (27 novembre 2016)

Homélie sur l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu (29 novembre 2015)

Homélie sur l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu (23 novembre 2014)

 

L'Entrée au Temple de la Mère de Dieu (23 novembre 2014)

 

    Le cycle de l'Année liturgique byzantine compte douze grandes fêtes. La couronne de ces douze solennités forme comme une révolution cosmique qui, de cycle en cycle, nous reflète l'image du processus de notre propre christification. En effet, chacune de ces fêtes, selon leur modalité, nous connecte par la mémoire au Mystère du Christ. Deux aspects – ou deux dimensions – du Mystère du Christ peuvent ainsi être rejoints en conscience à travers la célébration liturgique. On contacte, d'une part, un aspect masculin ou solaire, à savoir le rayonnement de l'être-Christ dans le monde ou au sein de la création ; et, d'autre part, un aspect féminin ou lunaire, à savoir la réceptivité de l'être-Christ par rapport à l'Esprit divin. À travers la prière liturgique et le support d'un rituel, nous changeons d'espace-temps : nous ne sommes plus dans le temps ordinaire des hommes. Tout le mystère liturgique consiste à nous introduire dans une autre "temporalité" : le temps de Dieu. Et, ce faisant, nous construisons un Temple, c'est-à-dire un espace intérieur dans lequel nous allons à la rencontre de notre être profond : la partie de nous-mêmes qui, précisément, est réceptive à l'Esprit divin.

Au cours des fêtes mariales, la tradition byzantine a l'usage de proposer à notre méditation l'Évangile de Marthe et de Marie. Cet Évangile illustre parfaitement les deux aspects ou dimensions de l'être humain : l'homme extérieur et l'homme intérieur. L'homme extérieur, c'est Marthe dans son activité, tournée vers le monde, tournée vers les autres. L'homme intérieur, c'est Marie ; laquelle est en état recueillement pour entendre une parole. Le drame spirituel de l'homme est d'opposer les deux aspects, surtout en raison du fait que la conscience ordinaire de l'homme est spontanément attirée, voire obnubilée ou fascinée, par le monde des "apparences", par le monde des "formes".

Il importe donc de nous souvenir qu'il y a, en l'homme, une autre réalité : cette réalité que dans le quotidien nous ignorons, que nous fuyons, et parfois même que nous dénigrons. Précisément, la fête de ce jour nous rappelle cette réalité. L'Entrée au Temple de la Mère de Dieu est pour nous l'entrée dans le Temple intérieur, dans l'espace-temps que nous avons édifié par la prière et par la mémoire, pour rejoindre cette partie de notre humanité qui est « vierge » : vierge, dans le sens de "non  divisée", profondément « une » mais aussi se laissant parfaitement unifier sous la motion de l’Esprit. Cette partie de notre humanité est très jeune et très ancienne ; nous l'oublions ou nous l'avons oubliée. Nous en sommes, d'une certaine manière, exilés parce qu'il nous est difficile de retourner dans le Temple intérieur, dans le sanctuaire, le lieu de la rencontre. Voilà pourquoi la fête d'aujourd'hui doit nous remettre en mémoire cette réalité intérieure qui est nous, qui est nôtre, mais qui ne se trouve pas dans l'espace-temps ordinaire des hommes. La partie vierge de nous-mêmes est cette terre originelle qui attend la rosée de l’Esprit, la semence de la parole. Elle attend d’être rejointe et reconnue en conscience pour pouvoir germer, croître, fructifier. Ainsi notre être extérieur, vieilli par le temps ordinaire, portant les rides du péché (c’est-à-dire de l’oubli), pourra recevoir à son tour la lumière jaillie des profondeurs de l’être intérieur. L’homme extérieur est appelé à être transfiguré et à rayonner par l’éclat de la mémoire de l’être intérieur qu’il est en vérité. Tout le processus de notre christification se réalise, en fait, dans l’unité des deux parties intérieure et extérieure de notre être. Nous avons tellement tendance à vouloir privilégier une partie par rapport à l’autre. Il n’y a aucune raison d’opposer l’efficience d’une action, où l’on voit se déployer les qualités de don de soi, de générosité et d’attention à l’autre, à la gratuité d’une contemplation, où l’être profond se montre sensible au Mystère de la Présence. Les mystères de la Liturgie nous invitent à refaire la connexion entre les deux dimensions de nous-mêmes et à comprendre que, à travers la prière commune, un temple intérieur de la mémoire peut être rebâti, pour notre humanité, dans une région de l’être où il n’y a ni jugement, ni condamnation, ni dénigrement, mais où nous sommes tous attendus, car il ne s’y trouve qu’une pure acceptation du don de la Vie.


Maxime Gimenez

Homélie sur l'Entrée de la Mère de Dieu au Temple
Homelie sur l'Entree au Temple de la Mer
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Prochaine activité :

- Retraite sur le thème "Solitu-de, Isolement et Intériorisa-tion" les samedis   24   et   31 octobre 2020 après-midi (via plateforme).

  

Nouveautés : 

Programme 2020 - 2021. 

  

Pensée du jour : 

La foi est comme l'arbre que l'on plante :

L'homme confie la vie à la terre,

L'Esprit se charge de l'élever jusqu'au Ciel.

 

Homélies récentes du Père Maxime :

- Homélie sur l'amour des ennemis (11 octobre 2020)

- Homélie sur la Pêche miraculeuse (4 octobre 2020)

- Homélie du dimanche après l'Exaltation de La Croix (20 septembre 2020)

- Liturgie de Rentrée, homélie sur "les Vignerons homicides" (30 août 2020)

- Homélie sur la Multiplica-tion des Pains (26 juillet 2020)

- Homélie sur "Qui vous accueille m'accueille" (19 juillet 2020)

- Homélie sur "Cherchez le Royaume de Dieu et sa Justice" (21 juin 2020)

- Homélie de l’Ascension (24 mai 2020)

- Homélie : Vêpres de la Mise au TOMBEAU (Cheve- togne 10 avril 2020)

- Homélie du 2ème dimanche de Carême (8 mars 2020)

- Homélie du dimanche de Carnaval (16 février 2020)

- Homélie du dimanche de Zachée (26 janvier 2020)

- Homélie sur "Le Baptême du Christ" (12 janvier 2020)

- Homélie sur "La Circonci-sion et Jésus dans le temple à l'âge de douze ans" (1er janvier 2020)

   

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